Google Buzz : un besoin de synthèse
15 février 2010
Google a ouvert son service Google Buzz l’autre jour. Encore un nouveau service qui vient se greffer dans un nouvel onglet de votre navigateur, entre Facebook et Twitter. Faisons le point sur ce qu’implique la naissance de ce service dans le panorama des outils en ligne disponibles pour nous aider à croire que nous avons une vie sociale.
Le concept de fond
Le concept principal du fonctionnement de Google Buzz est simple : là où les services extérieurs habituels (Flickr par exemple), permettent – ou non – à Twitter de relayer des informations (comprenez bien que dans le fonctionnement, vous déclenchez cette option sur le service extérieur), Google Buzz lui propose d’aller récupérer des informations sur d’autres sites, et vous permet de mettre à jour un statut, comme dans Facebook ou Twitter. Le reste fonctionne de la même manière (on sent d’ailleurs un peu de Google Wave là-dedans) que sur Facebook par exemple, pour aimer ou commenter un sujet.
Un service pas beta
C’est la première fois que Google (à ma connaissance) diffuse un outil sans passer par une phase beta interminable comme c’était par exemple le cas pour Gmail. L »idée de base séduit car on se dit qu’enfin, nous allons avoir un seul et même outil pour gérer toute sa vie sociale. Le fait qu’il soit accessible directement sur son service mail favori, c’est forcément un plus. Oui, mais curieusement, on comprend une partie du positionnement marketing lorsque l’on voit que seul Facebook n’est pas agrégable dans Google Buzz. Lisez entre les lignes : c’est un concurrent.
Google Buzz se veut basé sur la relation avec les amis ; comprenez qu’il capitalise sur les contacts de Gmail pour créer votre réseau social. Les protecteurs invétérés de vie privée en ligne se sentiront concernés. Google a depuis, d’ailleurs, bien argumenté sur le fait que le service allait évoluer, et que des fonctionnalités liées à la préservation de la vie privée (et notamment savoir qui est buzzé par qui) seront très prochainement implémentées.
Un positionnement étrange
Cela reste donc un positionnement marketing peu clair, à mi-chemin entre le concurrent de Facebook et une justification de l’existence de Google Wave. Le savoir-faire en est absent, et ce qui fait la force d’un réseau social étant sa population, Google Buzz souffre de ne paraître que maintenant.
Un site de réseau social sans population, c’est un peu un blog sans article, cela ne sert à rien.
Ce sur quoi cela nous amène à réfléchir, c’est en revanche sur le segment, identifié par Google, de la cible marketing disponible qu’ils ont cherché à toucher. Y a-t-il vraiment une cible identifiée qui serait intéressée par Google Buzz et qui n’était pas intéressée par Facebook ou par Twitter ? Je ne parviens pas à comprendre de qui il s’agit.
L’incompréhension mène au refus
Daniel Lyons, dans Newsweek (sur Nouvelobs.com) écrit :
Buzz est là car Google se sent menacé par Twitter et Facebook et cherche à les tuer. Google est devenu ce que Microsoft a pu être — le Borg, l’entreprise qui ingurgite les idées de ses rivaux plus petits et recrache de mauvaises imitations dans le but de les mettre sur la paille.
Evidemment, si vous êtes ici vous ne pouvez pas ne pas avoir lu cet article traduit de Patrick Béja. Et on se rend bien compte ici que Google Buzz est aux réseaux sociaux ce que les netbooks sont à l’informatique occasionnelle.
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