Déplacement du pouvoir
23 février 2010
Le pouvoir, le vrai. C’est l’État qui le détient. C’est un pays qui en est le gardien. Au nom d’une nation. Et pourtant, plus le temps passe, plus je trouve que cette situation tend à s’effacer pour laisser place à un système plus proche de ce qui est décrit dans les romans d’anticipation de type cyberpunk.
« Le courant Cyberpunk provient d’un univers où le dingue d’informatique et le rocker se rejoignent, d’un bouillon de culture où les tortillements des chaînes génétiques s’imbriquent. »
— Bruce Sterling
De plus en plus, comme dans Shadowrun, les entreprises grandissent et, la mondialisation aidant, gagnent une envergure de groupes internationaux. Les multitudes de ramifications (filiales) se forment et bientôt, ces groupes ont des champs d’action à valeur politique1 .
C’est alors trop tard. La frontière est franchie. Voilà que Google est attaqué par des groupuscules, à peine dissimulés par le couvert d’un pays : la Chine. Les tentatives politiques qui visent à rationaliser les valeurs privées de groupes internationaux échouent logiquement.
Reste que la place du pirate2 elle aussi évolue : il devient un référent, un ennemi de la nation et du groupe institutionnel en tant que tel.
C’est dans ce contexte que s’installe en France Hadopi. Un volet répressif et éducatif face à la consommation hors marché et non maîtrisée des biens artistiques tels que la musique. Consommer de la musique en tant que pirate n’est devenu qu’une cible, un moyen de se battre, face à un état de fait établi : nous pénétrons de plein pied dans le cyberpunk.
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